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(pddp) Post disaster dance

Chorégraphie, réalisation : Matthieu Hocquemiller
Vidéo : Laurent Rojol

Musique : Benjamin Collier, Jean Benoit Nizon
Danseurs : Hélène Rocheteau, Viviana Moïn, Jeanne Nora Bennouar, Florent Hamon, Mathilde Gautry, Loic Reïter, Alexandre Bado, Séverine Bauvais.


Des faubourgs de Buenos Aires aux squats de Brooklyn, la Post disaster Dance se répand et s’affirme comme un courant dansé contemporain, radical, underground et festif : une réponse joyeuse et collective des corps à l’époque !

(pddp) est une œuvre hybride, il ne s'agit pas d'un spectacle mais d'une fête avec le public.

Si on devait définir la post disaster dance, on pourrait dire quelque chose comme ça : 
née avec ce millénaire dans les milieux de la contre culture libertaire et particulièrement dans les communautés d’émigrés argentins du Queens, la post disaster dance se répand très vite dans la culture urbaine et underground.
 Indissociable d’une critique sociale de « l’après marchandise » et des expériences collectives novatrices qui l’accompagnent, elle est avant tout une énergie exhutoire et festive : une réponse pertinente du corps à une époque.
 Elle emprunte beaucoup au contact des communautés émigrées à des formes de danses populaires comme la murga argentine, elle en garde une notion forte de rituel et des formes de danses : seul, en couple ou collective.

De façon évidente elle hérite aussi de l’esprit du punk rock et de la contre culture.
 Non compétitive, non performative, danse de l’urgence, elle attaque de front les notions d’esthétique et de bon goût jugées trop normatives : en ce sens elle ne craint ni l’absurde ni la fragilité. Elle cultive l’ambiguïté de genre à l’image du « queer » et affirme des valeurs de solidarité, et d’investissement du présent dans une société paralysée tantôt par la promesse tantôt par l’angoisse du futur.
 Gesticulations insensées et brouillonnes pour ses détracteurs, elle rejette toute codification physique au profit d’une créativité spontanée et volontiers exubérante : le seul point commun est un engagement physique qui la rapproche parfois de formes de transes.

Pour le philosophe Miguel Benasayag, la notion d’« engagement » est centrale dans le courant post disaster, réaction au culte de l’individu associé à la marchandise et au désastre, il est le maître mot de ces danseur(se)s littéralement plongés dans un bain sonore et physique. Benasayag le rapproche d’une volonté presque spirituelle de « se fondre » tout en développant une forte inventivité personnelle, il la définit ainsi comme « une danse du lien » qui est pour lui la première forme artistique d’un changement de paradigme.


Co-production Tridanse 2012 (VéloThéâtre de Apt, 3Bis F de Aix en Provence et Citron Jaune-Centre National des Arts de la Rue à Port St Louis) et ADDA Scènes Croisées de Lozère.

La création a reçu le soutien de : DRAC Languedoc Roussillon, Région Languedoc Roussillon, Ville de Montpellier, Département de l'Hérault et de l'ADAMI.

Diffusion : Citron Jaune / Centre National des Arts de la Rue à Port Saint Louis, ADDA Scènes Croisées de Lozère, Festival Art Danthé-Théâtre de Vanves, La Friche Belle de mai, Festival Uzès Danse 2014, KLAP maison pour la danse de Marseille (saison 2016)


« De même que vous ne savez pas ce que peut un corps, de même qu’il y a beaucoup de choses dans le corps que vous ne connaissez pas, qui dépassent votre connaissance, de même il y a dans l’âme beaucoup de choses qui dépassent votre conscience. Voilà la question : qu’est ce que peut un corps ? de quels affects êtes vous capables ? Expérimentez, mais il faut beaucoup de prudence pour expérimenter. Nous vivons dans un monde plutôt désagréable, où non seulement les gens mais les pouvoirs établis ont intérêt à nous communiquer des affects tristes. La tristesse, les affects tristes sont tous ceux qui diminuent notre puissance d’agir. Les pouvoirs établis ont besoin de nos tristesses pour faire de nous des esclaves. Le tyran, le prêtre, les preneurs d’âmes, ont besoin de nous persuader que la vie est dure et lourde. Les pouvoirs ont moins besoin de nous réprimer que de nous angoisser, ou, comme dit Virilio, d’administrer et d’organiser nos petites terreurs intimes. La longue plainte universelle sur la vie : le manque à être qu’est la vie… On a beau dire « dansons », on est pas bien gai. On a beau dire « quel malheur la mort », il aurait fallu vivre pour avoir quelque chose à perdre. Les malades, de l’âme autant que du corps, ne nous lâcheront pas, vampires, tant qu’ils ne nous auront pas communiqué leur névrose et leur angoisse, leur castration bien-aimée, le ressentiment contre la vie, l’immonde contagion. Tout est affaire de sang. Ce n’est pas facile d’être un homme libre : fuir la peste, organiser les rencontres, augmenter la puissance d’agir, s’affecter de joie, multiplier les affects qui expriment ou enveloppent un maximum d’affirmation. Faire du corps une puissance qui ne se réduit pas à l’organisme, faire de la pensée une puissance qui ne se réduit pas à la conscience.»
Gilles Deleuze, Dialogues

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